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Le président du SVC se qualifie pour le Championnat du Monde de Gravel

A l’issue de sa qualification pour le Championnat du Monde Gravel 2024, notre Président Simon VERGNES nous propose un compte-rendu de son épreuve qualificative, courue à Millau, dimanche dernier :

J’ai participé l’an passé aux randos Gravel de la SeaOtter (à Girona en Espagne) et une participation libre (sans qualification) aux championnats d’Europe. Sans objectifs précis sur route, et une envie moindre sur le vélo, il est temps pour moi de changer de cap. En plus de ça, Luc & François de Station Bee’s, le magasin de vélo de Sorèze, m’ont proposé de devenir ambassadeur de la marque BH, avec le modèle GravelX. Il ne me reste plus qu’à préparer le programme de la saison 2024 et avoir un objectif principal… qui sera de se qualifier aux championnat du monde en catégorie 19-34 ans. Pourquoi le Mondial ? Tout simplement, il se déroulera sur une partie du circuit des Europe 2023, avec des chemins et des pavés comme je les aime.

 

Pour se qualifier, il faut participer à, au moins, une manche UCI Gravel World Series. En France il n’y a qu’une épreuve qualificative : la Wish One Gravel à Millau. Avec un circuit exigeant, et un dénivelé important : 2500m D+. Pour moi, ce sera très compliqué de se qualifier « presque à la maison ». Du coup, je me suis tourné vers d’autres manches comme la Worthersee Gravel en Autriche. Là-bas, des problèmes mécaniques et un manque d’expérience me feront abandonner à mi-chemin, alors que la « qualif » était à portée de roues. Il faut trouver un plan B.

Il y a la SeaOtter qui, cette année, devient qualificative mais mal placée au niveau organisation (1 semaine avant les championnats du Monde)… plus de place au Gravel Fondo Limburg, Fayetteville (USA) & Nannup (Aus) sont …un peu loin. Et si le Graal ne se trouverait pas au Danemark, après 2000 km de fourgon, avec mon oncle comme assistant, des nuits dans la tente au camping, une reco sous des trombes d’eau, à croire que la mer du Nord avait débordé à Blåvand. Après 152km, sous le soleil danois, (seulement 200m de D+) mais 15 km de boue où l’on s’enfonçait de 20 cm. Il me faudra 5h40 et une moyenne de 27,2 km/h pour venir à bout de cette épreuve, 28 min de trop pour le Graal… et 2 000 km pour rentrer.

Après 15 jours de fatigue et des questionnements sur « pourquoi cela n’a pas marché, que faut-il améliorer, changer ? Mais surtout, pourquoi je m’inflige ça » ? La démotivation et la fatigue commencent à se faire sentir. C’est l’heure de la Wish One, sous le viaduc de Millau, où je suis accompagné de Maël Rouanet, mon meilleur complice dans ce genre de « bêtise ». Déjà présent en Belgique en 2023, et participant malchanceux aux Mondes 2023 en Emilie-Romagne (Italie). Cette année, il participe à la W.O.G. en Elite avec les pros. Ayant fait un excellent résultat, l’an passé, il est de très bons conseils sur comment aborder le parcours.

Pour ma part, j’arrive sans stress dans mon sas. Top départ, 1km et déjà dans la 1ère difficulté, longue de 7km sur le goudron, avant de rentrer sur la première piste très roulante qui, petit à petit, devient de plus en plus cassante à un point que l’on peut trouver une multitude de bidons tombés sur les pistes. Les premières casses et crevaisons. je continue mon chemin dans le 2ème groupe de ma catégorie, roulant pour la 30ème place. Je souffre sur la fin de la 2ème ascension, mais raccroche avant de me faire larguer dans un single rempli de pierres à franchir, sur un secteur long de 3km. Heureusement une portion de route fait couper l’effort au groupe quelques instants et je rentre sur eux.

 

Ouf de soulagement avant d’attaquer le secteur du camp militaire : 30km de piste. 2ème ravito (assuré par Xavier le papa de Maël), et déjà 2h30 de course, j’ai l’impression d’être frais et de ne pas avoir vraiment été à fond jusqu’à présent. Je sens, autour de moi, des cyclistes qui commencent à être en perdition et des coureurs de catégorie Elite (partis après nous) nous rattrapent et nous déposent. Il faut prendre les roues et suivre ces gravelers confirmés. Ce que je fais, mon effort commence, malheureusement arrêté dans un coup de pétard à 20% sur la piste avec du caillou qui roule sous le pneu. Je me fais rattraper par mes compagnons, mais je n’ai pas dit mon dernier mot et repars.

Petit à petit un groupe se crée, les difficultés s’enchaînent à haute vitesse. L’alimentation et l’hydratation sont bonnes tout comme mes jambes, contrairement au Danemark ou je fus sujet à des crampes. La course continue, moi aussi, après 4h30 d’effort, la fatigue commence à se signaler. Dans ma tête, je joue la 40ème place et nous sommes 4 morts de faim, à se surveiller pour être le premier à franchir la ligne. Et espérer, repartir avec la breloque signifiant que tu es qualifié.

 

Plus que 15 km à parcourir, nous nous regardons. A 5km de l’arrivée, nous entrons dans le dernier secteur très abîmé, suivi d’un long single où l’on ne peut pas être doublé. Je rentre 2ème dans le secteur. J’attends, je patiente pour mettre ma dernière cartouche dans la dernière montée : 1km à 12%. Je passe la ligne et de suite, je me dis « mets moi la médaille autour du cou » en voyant la personne qui remet la médaille signifiant que tu es qualifié. Là, Xavier s’approche et me demande si je suis content de mon résultat, je lui dis « je sais pas … attend je vais vite le savoir » et je fixe la table des médailles. Xavier me fait comprendre que je suis qualifié, je n’y crois pas, j’attends la médaille. Le bénévole se retourne vers moi et me remets ma quête autour du cou. J’ exulte, la délivrance !!!  Je pense à tous les entraînements concocté par Rémi Benarfa (mon coach) et tout ce que je viens de vivre dernièrement. Une joie immense qui est toujours bien présente en moi.

Encore 3 semaine de préparation pour finir la 1ere partie de saison, à l’occasion de l’Etape du tour. Après la coupure, la suite sera basée sur une performance à ces championnat du Monde Gravel qui se disputeront en Belgique, dans la région  de Louvain.

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