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Maryline Salvetat-Vassal, la pétillante

Claire Sicard, journaliste sportif au journal Sud-Ouest, a eu un long entretien avec Maryline Salvetat cet hiver. Nous vous partagons cet interview qui vous permettra d'en apprendre un peu plus sur notre partenaire au Sorèze Vélo Club :


Maryline avec son maillot de Championne du Monde

Le vélo lui colle littéralement à la peau. Dans le Tarn, Maryline Salvetat-Vassal est un nom bien connu du sport local, une championne discrète, au fort caractère, un monument caché du cyclisme féminin français. Championne du monde et championne de France de cyclo-cross à plusieurs reprises, elle est aujourd’hui un modèle de longévité et une source d’inspiration. Également médecin, la Castraise est une passionnée qui a la bougeotte. « J’ai peur de la routine », plaisante Maryline Salvetat-Vassal. À droite à gauche, souvent sur la route, mais jamais au même endroit. La cycliste n’est décidément pas posée et c’est sa façon de vivre. « La liberté c’est le bonheur, assure-t-elle. C’est moi qui choisis », lance la championne sûre d’elle. Pourtant, c’est à Labruguière, ville de 6 500 habitants, dans le département du Tarn, que Maryline Salvetat-Vassal, a élu domicile. Une petite maison sans prétention pour une championne aux multiples titres. Native de Castres, à un quart d’heure de là, elle a parcouru des centaines de milliers de kilomètres sur son vélo.

Maryline au championnat du monde de Ponferada

Elle a visité des villes, traversé des pays, mais c’est finalement au pied de la montagne noire, son terrain de jeu, que Maryline se sent chez elle. En cette fin d’octobre 2022, il fait encore très doux. La Tarnaise revient d’une sortie vélo, elle a repris le cyclo-cross. Maryline Salvetat-Vassal se prépare pour l’arrière-saison, sa préférée, et surtout pour Namur. « Namur c’est mythique » Le titre européen est le seul qui manque à son impressionnant palmarès et pourtant… Vous ne la connaissez pas ! Ce 4 novembre 2022, Maryline Salvetat-Vassal s’élance, depuis Namur en Belgique, pour l’épreuve de cyclo-cross masters (catégorie 45-49 ans), avec l’envie de vaincre, comme à chaque fois qu’elle court. La Belgique, une terre de vélo que la Castraise connaît bien. À Mol, elle a été sacrée championne du monde masters en 2018. Mais, celle qui est venue en tant que médecin de l’équipe de France sur cette épreuve, n’est pas au mieux de sa forme. Elle a connu des déboires le week-end d’avant, mordue par un chien lors d’un entraînement. Et puis, son mari, Thibaut Vassal, confie que le parcours ne l’avantage pas : « Techniquement c’est relevé et elle ne s’est pas beaucoup entraînée avec son vélo de cyclo-cross. Elle est donc moins adroite qu’avant et prendra moins de risques puisque lundi elle doit être au boulot. » Mais cela serait mal connaître la championne tarnaise que de la donner déjà perdante avant même qu’elle n’ait eu le temps de s’expliquer. « Namur c’est mythique », voilà ce qu’elle déclarait trois semaines avant le départ. Là-bas, les Belges s’extasient dès que l’un de leurs compatriotes est en tête. Un stade à ciel ouvert qui ne fait pourtant pas de cadeau, tout comme la discipline du cyclo-cross, assez ingrate. Et Maryline Salvetat-Vassal, le sait et elle a sûrement tout donné pour revenir sur son adversaire principale dans ce championnat d’Europe, Kate Eedy, mais elle ne lève malheureusement pas les bras. Elle décroche l’argent en arrivant plus d’une minute après la Britannique. Un sacré résultat tout de même pour la cycliste de 48 ans. Sportive et passionnée Retour à Labruguière. Maryline Salvetat-Vassal nous reçoit chez elle. « Ne faites pas attention, c’est un peu le bazar. Ma mère me dit toujours qu’une maison en bazar est une maison qui vit », lance-t-elle avec son accent tarnais. Des jouets un peu partout, parce qu’il faut rappeler que la championne est aussi maman, et puis, des objets qui nous remettent de suite dans l’ambiance vélo. À commencer par le tapis de la marque américaine de cyclisme Specialized. Depuis la terrasse, la montagne noire, en point de mire. « J’aime m’entraîner là-bas », nous confie-t-elle. Pour se faire rêver, la championne et son mari ont même installé leur home-trainer face à ce paysage, dans une pièce de la maison aux grandes baies-vitrées. Deux vélos, des cuissards, maillots et autres chaussettes qui sèchent, nous sommes bien chez des cyclistes c’est évident. Tout comme le gabarit et la silhouette musclée de notre hôte. Maryline est cycliste, et cela ne trompe personne, surtout pas ceux avec qui elle s’entraîne et qui la côtoient depuis des années. « C’est encore un phénomène sur un vélo », certifie Didier Gleize, ami de Maryline depuis le début des années 1990 et ancien président du club de Sorèze, club où elle est licenciée.

Maryline au CX. de Muret.

Néanmoins, la cycliste n’aime pas se vanter et pourtant, avec un palmarès comme le sien, il y aurait de quoi. En outre, des titres de championnes de France, sur route, sur piste, en cyclo-cross, dans les catégories juniors, espoirs ou encore en séniors et désormais en masters. Toute une vie dévouée au cyclisme et pourtant, c’est par la natation que Maryline Salvetat-Vassal découvre le monde du sport. Rapidement des problèmes de sinusites et bronchites la font se tourner vers les terrains de volley-ball. « Ma soeur en faisait mais je n’y suis pas restée longtemps, ça ne me convenait pas par rapport à mon caractère », explique-t-elle. Elle se tourne alors vers la course à pied avant, de suivre son frère Éric et son père, à l’époque éducateur au club de Castres, lors des entraînements de vélo et de découvrir la compétition en 1988, à l’âge de 14 ans. Son talent se révèle, sur la route d’abord et également sur la piste, dont la plus proche est à Foix (Ariège). « Mes parents consentaient à nous amener très souvent les samedis aux entraînements. La piste ça me plaisait vraiment », raconte Maryline qui parle alors de la première partie de sa carrière. Elle partage ainsi cette passion du cyclisme avec tout son entourage, une sacrée histoire de famille, comme nous le confie Nathalie, sa soeur. Elle se souvient notamment de week-ends lors desquels ses parents se divisaient entre les sports des trois enfants. D’un côté, « mon père partait avec Maryline sur des courses, de l’autre j’accompagnais mon frère avec ma mère là encore sur des courses ou ma mère venait me voir au volley ». Concilier médecine et sport de haut-niveau Puis Maryline entame sa deuxième carrière en intégrant en 1992, la faculté de médecine. « Avant j’avais des facilités mais c’est à ce moment-là que c’est devenu compliqué », estime-t-elle. Elle redouble en effet sa première année et se fait opérer du genou. Passé ce mauvais départ, elle continue tout de même de pédaler et d’accrocher le niveau national en étant dans les équipes de France séniors. Comme elle aime à le dire « je marche aux objectifs et j’ai toujours été une travailleuse ». Mais en quatrième année de médecine, par manque de temps, elle décide d’arrêter le vélo, pensant qu’elle sera plus performante dans les études… en vain, car cela ne change rien et elle enfourche de nouveau son vélo comme s’il lui collait littéralement à la peau. Maryline Salvetat-Vassal continue son petit bout de chemin et rencontre des personnes qui l’épaulent, comme le professeur Daniel Rivière, chef du service de médecine du sport à l'hôpital Larrey, « je lui dois beaucoup. Il m’a toujours dit que j’y arriverai », confesse la cycliste. Elle réussit à décrocher un contrat d’athlète de haut-niveau avec la faculté de médecine et devient même la première sportive à avoir ce contrat, « épique » se remémore-t-elle. À partir du moment où elle entre à l’internat, Maryline tombe sur des personnes amateures de sport et conciliantes, ce qui lui permet de reprendre le vélo à un certain niveau et surtout le cyclo-cross.

Maryline au CC. de Castelsarrasin.

En 2002, elle est d’ailleurs championne de France élite dans cette discipline, soit presque 10 ans après son dernier titre de championne de France en junior. Une victoire qui lui permet de lancer sa deuxième carrière et de l’aborder d’une manière différente par rapport à la première. En parallèle de sa thèse de médecine, elle fait des remplacements, passe des diplômes en nutrition et podologie du sport et gère son emploi du temps. Sur un vélo, elle monte les échelons, se met même au VTT, « j’aime bien varier les plaisirs », déclare Maryline. La Tarnaise enchaîne les courses et les victoires au début des années 2000 tout en étant jeune médecin. Sur tous les fronts, elle ne baisse jamais les bras. Son entourage, fier d’elle, martèle qu’elle a quand même su concilier une carrière cycliste, une carrière professionnelle et plus tard un rôle de maman. Son mari, Thibaut, est « admiratif. Elle a su mener toutes ses carrières et ce n’est quand même pas rien ». « Maryline c’est une force de caractère, elle a toujours su ce qu’elle voulait », expose Nathalie, sa soeur. Le vélo comme passion et comme fil conducteur d’une vie à 100 à l’heure. Oui mais un sport souvent décrié avec ses nombreuses histoires de dopage. Maryline Salvetat-Vassal a participé à des Grandes Boucles féminines, l’équivalent du Tour de France, à la fin des années 1990, en plein pendant l’affaire Festina. La Tarnaise n’a alors pas gardé sa langue dans sa poche, tel est son caractère bien trempé, et n’a pas hésité à dénoncer certaines pratiques dans son sport. Quitte à payer le prix fort avec des mises à l’écart et des victoires qui lui ont, à plusieurs reprises, échappé, arrivant deuxième ou troisième, derrière des filles qu’elle savait dopées. La fin des années 1990 et le début des années 2000 n’étaient pas un « très bon cru », souligne-t-elle. « J’ai vu des filles « pétroler » et ce n’était pas qu’à l’eau claire », lance Maryline Salvetat-Vassal. Dans une interview à l’Humanité, elle évoque cette question du dopage sans détours. « J’ai osé ouvrir ma gueule », souffle-t-elle. Les faits lui donnent raison alors que d’autres préfèrent détourner le regard, la Castraise le dit, ce n’est pas sa « conception du vélo ». Elle indique toutefois ne pas être la « Bassons » du cyclisme féminin, en référence à

Maryline vainqueure.

Christophe Bassons, coureur entre 1996 et 2001 et très engagé dans la lutte antidopage, mais ces évènements-là l’ont révoltée. « J’étais encore en espoirs, c’était en 1996 au Tour de Bretagne féminin et une cycliste a ouvert devant moi une grande boîte à chaussures et m’a fait voir tous les médicaments qu’elle prenait en me disant « tu sais Maryline, moi la fac de médecine, je ne l’ai pas faite, mais les médicaments je les connais ». J’ai regardé sa boîte à chaussures et j’ai simplement dit ok », rapporte la Tarnaise en levant les yeux au ciel, désespérée. De ces années, Maryline Salvetat Vassal ne garde pas de très bons souvenirs, un pincement au coeur sur les victoires volées, qui se sent encore, vingt ans plus tard. « Quand on est dedans, quand on a l’esprit de compétition, c’est dur à avaler, mais il faut garder son éthique et sa conscience pour soi », confesse Maryline qui ne voulait pas arrêter pour ne pas donner raison à celles qui avaient recours à ces pratiques. La championne a été soutenue pendant cette période. Ce qui est sûr c’est que le cyclisme est plus propre qu’avant, comme le souligne Thibaut Vassal et c’est aussi grâce à Maryline et à d’autres sportifs qui ont su dénoncer les pratiques de l’époque. « Oui ça lui a coûté cher, mais au moins elle est droite dans ses bottes. Maryline, c’est l’exemplarité et chez les filles il y en a qui lui doivent beaucoup », affirme-t-il. Il reconnaît une politique de l’autruche qui ne pouvait plus durer et selon lui, il fallait bien que « quelqu’un mette les pieds dans le plat pour faire avancer les choses ». Maryline Salvetat-Vassal fut l’une de ces personnes, elle a su prendre la parole pour remettre son sport dans le droit chemin.

Maryline au côté de CALMEJANE

Néanmoins, c’est discrètement que la Castraise a révélé ces faits. Pudique et raisonnée, elle s’est concentrée avant tout sur elle pour défier ses adversaires et remporter des titres mais, pour aussi prendre des places d’honneur et très souvent derrière un grand nom du cyclisme féminin. La Poulidor de Longo Comment parler de Maryline Salvetat-Vassal sans évoquer une figure du vélo : Jeannie Longo. Didier Gleize l’affirme, « Maryline, c’était la concurrente » et elle l’a d’ailleurs titillée plus d’une fois, mais a toujours été dans l’ombre de cet ogre affamée de titres. Nathalie Salvetat ne mâche pas ses mots : « Les journaux ne voyaient que par Longo, il y avait elle et les autres. Et même quand ce n’était pas elle qui gagnait, il n’y en avait que pour elle. Quand Maryline a été championne de France devant Longo, c’était Longo battue pas Maryline vainqueur ». Pour son frère Éric, Longo c’était l’arbre qui cachait la forêt. Il se souvient des Jeux Olympiques de Pékin en 2008. C’est la dernière année de Maryline au haut niveau et elle participe à la course sur route. « Quand j’ai allumé la télévision, j’ai entendu le commentateur dire « et Jeannie Longo termine 24e ». C’était tout. Rien sur ma soeur arrivée à la 14e, soit 10 places devant Longo », explique consterné celui qui est aujourd’hui entraîneur national assistant de cyclo-cross au sein de la Fédération française de cyclisme. De son côté Thibaut Vassal n’hésite pas à dénoncer la médiatisation souvent à l’excès de Jeannie Longo. « Elle a été la première à ramener des médailles et les médias ont mis la lumière sur elle. Ils l’ont choisie et comme elle gagnait, ils sont restés sur elle ». Longo a remporté de nombreux titres, qui, selon Thibaut, ont moins de valeur que ceux de sa femme. Longo-Salvetat, un duel de médiatisation et un regret pour Nathalie, celui que sa soeur ne soit pas née 15-20 ans pour tard pour bénéficier de la lumière dans laquelle a baigné Longo.

Maryline championne de France 2021

Ce qui différencie aussi Maryline de sa rivale, c’est que cette dernière a toujours vécu du sport alors que la Tarnaise et les autres cyclistes de l’époque étaient obligées de travailler. Pour Nathalie Salvetat, ce point est important, « aujourd’hui, les filles sont pour la plupart salariées et ne connaissent pas ce côté précaire du vélo qui existait avant ». Car Maryline n’a jamais fait de bénéfices quand elle était au haut-niveau. Les déplacements, le matériel, tout était payé par ses soins. Et même après des titres, il fallait revenir au boulot. Maryline Salvetat-Vassal se rappellera toujours le lendemain de son titre de championne du monde en cyclo-cross en 2007. Elle était en remplacement dans le Lot. Avant de monter dans l’avion, elle donne quelques interviews et explique qu’elle doit repartir à Mercuès. « Qu’est-ce que je n’ai pas dit », s’esclaffe Maryline. Elle prend donc son poste de remplaçante, certains patient appellent pour la féliciter et des journalistes ne cessent de téléphoner à la secrétaire, « la pauvre, elle n’en pouvait plus », se souvient la cycliste. Mais cela ne s’arrête pas là. Le soir, elle est de garde sur tout Cahors et n’a pas dormi depuis presque 24 heures. « Je regardais la montre pour attendre minuit, car la garde se terminait à minuit. Mais non à 23 h 55, le commissariat m’appelle pour un gardé-à-vue ». Maryline en rigole aujourd’hui et garde de sacrés souvenirs de ce titre, mais aussi de l’année 2007. 2007, l’année de la consécration C’est Maryline Salvetat-Vassal qui l’affirme, « oui, 2007 est mon année ». Au championnat de France de cyclo-cross à Lanarvily (Finistère), « 3, 2, 1 partez, elles ne m’ont jamais revu, je crois que je leur ai mis 30 minutes dans la vue ». La cycliste se souvient exactement du parcours, « je le revois comme si c’était hier. Dans la descente, la trajectoire était à gauche et mon mari me dit, « tu prends tout à droite, tu passes au ras des spectateurs » et après c’était de la course à pied et je savais que j’étais au-dessus dans ce domaine ».

Championne de France 2018

La Tarnaise ne se pose pas de questions, elle passe tout à droite, mais se fait tout de même peur à cause des spectateurs qui dépassaient. Un championnat de France de cyclo-cross très abouti, puis, trois semaines plus tard, le championnat du monde. « Elle était parmi les outsiders, mais pas les favorites, le titre de championne du monde c’est le graal », ajoute Thibault Vassal. Et c’est un titre conquis non sans difficulté comme l’explique la cycliste. La veille du départ, elle se casse une côte en recevant un fruit dans le dos, suite à une bataille de nourriture au sein même de l’équipe de France. Avec une gêne pour respirer, la Castraise se dit que c’est perdu, « j’ai réussi à relativiser et étonnamment j’étais calme. Ça aurait pu me détruire mais j’étais calme ». Elle prend un mauvais départ après une chute devant elle, mais toujours dans un calme olympien, elle remonte ses concurrentes jusqu’à l’avant dernier tour où elle se lance seule en laissant les autres derrière. Elle ne s’est pas posée de questions et est allée chercher la victoire. À Aurillac, la même année elle devient aussi championne de France de contre-la-montre, devant Longo pour quatre secondes. « On aurait pu me mettre 10 kilomètres de plus, ça n’aurait rien changé », se souvient Maryline. Et battre Longo n’était pas une revanche pour la Tarnaise mais plus une façon de dire qu’elle marchait aussi sur route et cette année 2007, a été l’année lors de laquelle rien ne pouvait arriver à la cycliste. Maryline, « une pionnière » Maryline Salvetat-Vassal a plusieurs cordes à son arc et si elle estime ses adversaires, elle est également estimée dans le monde du vélo. Elle est même devenue « une source d’inspiration » pour Hélène Clauzel, jeune cycliste de 24 ans, spécialiste de VTT cross-country et du cyclo-cross. Petite, avec sa soeur Perrine - aussi professionnelle -, elle suivait les courses et notamment « ma cycliste préférée », se souvient celle qui avait les « yeux qui pétillaient », quand elle voyait son idole sur un vélo. Selon elle, Maryline est une référence dans le milieu du cyclisme en France.

Maryline VASSAL sur le podium du TTMN 2022

Elle n’hésite pas non plus à rappeler que son idole est encore aujourd’hui une prodige. « L’année dernière, aux championnats du monde on lui a prêté un vélo et elle nous faisait tous péter dans les bosses, c’était assez drôle, on aurait dit une cadette, une petite jeune, se souvient Hélène, ajoutant, elle a une flamme, c’est un phénomène ! ». En tant que médecin, Maryline Salvetat-Vassal passe désormais beaucoup de temps avec ces champions pour parler nutrition, santé mentale et soigner les bobos des uns et des autres. Sur ce point, Audrey Cordon-Ragot lui doit sûrement énormément. Le 11 septembre dernier, la sextuple championne de France de contre-la-montre est victime d’un AVC. Sur les conseils de Maryline, et de deux autres médecin de la FFC, elle passe un IRM qui lui permet d’éviter le pire. Audrey Cordon-Ragot connaît la Tarnaise depuis ses premiers pas dans la catégorie Elite en 2008. Elle se souvient notamment d’avoir partagé sa chambre avec elle lors d’un stage en Équipe de France. Maryline ? « Le pilier de cette équipe à l’époque, un modèle que je regardais avec des yeux admiratifs. Une pionnière, une femme de convictions qui ne s’est jamais reniée pour réussir, une vraie championne ». Audrey Cordon-Ragot ne tarit pas d’éloges pour celle qui est devenue une confidente, une amie.

Maryline en cyclo-cross.

Pour la Bretonne, Maryline est une passionnée, mais aussi une personne perfectionniste et franche, une personne de caractère. Hélène Clauzel affirme de son côté que c’est cette détermination, dont à fait preuve la Castraise depuis ses débuts dans le vélo, qui a été sa force et lui a permis de réussir, « elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, quand elle a un truc à dire, elle le dit cash », poursuit la jeune cycliste de 24 ans. Et si Namur ne lui a pas souri, c’est peut-être à Pontchâteau en 2023, que Maryline Salvetat Vassal enfilera la tunique étoilée sur le podium. Elle se voit déjà là-bas, sur un parcours qui lui convient davantage. Après avoir toujours tourné autour du titre, la cycliste aimerait le remporter, puis « ce maillot est joli », dit-elle avec un large sourire, avant de continuer en plaisantant, « l’année prochaine en plus, je serai la plus jeune des plus vieilles ». À l’approche de la cinquantaine, la cycliste n’a pas dit son dernier mot sur un vélo.

Thibaut et Maryline VASSAL

Claire Sicard.

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